mercredi 30 novembre 2011

Fruit picking, dernière semaine de galère

Toujours le sourire même dans la galère
Des allées de tomates à perte de vue!




 

Jeudi, c’est dans la joie et la bonne humeur (ironie) que nous retournons travailler. Nous allons planter des pousses de patates douces, point positif : nous ne partons travailler qu’à 11h30, cela nous laisse du temps pour nous lever, déjeuner tranquillement et trainer un peu au bord de la piscine. En arrivant au champ de patates douces, on nous explique comment planter les pousses et que nous devons nous occuper d’une rangée de 500 mètres, d’accord mais quand je regarde au loin, je ne vois pas la fin de la rangée, rassurant non ? Me voilà donc à passer un après-midi le dos courbé à planter des foutues herbes tous les 15 centimètres. Le soleil tape tellement fort que la terre est brulante et mes pieds souffrent dans mes baskets. Au bout de 250 mètres, je me sens au bord du désespoir. Chloé qui s’occupe de la rangée derrière la mienne n’est pas mieux, elle est agenouillée dans la terre à pester contre le monde entier. Heureusement que je suis la seule à pouvoir la comprendre ! Finalement, au bout de quatre heures et avec l’aide d’une autre personne j’arrive au bout de ma rangée. Soulagement d’avoir terminé et douleur dorsale se font ressentir. Chloé, Gaéle et moi décidons que le lendemain, nous retournons aux tomates, impossible de passer des journées comme celle-ci.
Malheureusement, le lendemain, la journée commence mal. On nous dépose à 6h dans le champ de tomate alors que nous ne commençons qu’à 8h, bon allez 2h à poireauter. On commence à râler, on décide de faire grève mais bizarrement il n’y a que les français qui sont plus ou moins  d’accord… Serait-on originaire d’un pays de mécontent ? La machine sur laquelle nous allons être arrive au bout d’une heure et demie mais le conducteur est sur le point de nous laisser en plan. Il hurle après le superviseur qu’il veut être payé, qu’il ne peut pas travailler dans ces conditions. Il commence à partir avec la machine avant de faire demi-tour. Ouf, on ne se voyait pas rentrer maintenant. Malgré tout, les problèmes continuent. Nous sommes 17 personnes, il n’y a que 15 places disponibles, faites les comptes… Je me retrouve à suivre la machine avec Chloé dans une rangée pour ramasser les tomates oubliées tandis que Gaéle est envoyée ailleurs. Et là, mon malheur commence. Il n’y a que des tomates pourries qui m’éclatent entre les mains dès que je les prends (je vous laisse imaginer l’odeur) toutes ces délicieuses tomates sont à ras du sol et au bout de quelques minutes, je me bloque le dos. Séquelle d’un après-midi de patates douces. J’arrive à bout de la rangée mais dans un état pitoyable, impossible de me redresser, je souffre trop. Au bord des larmes, je suis en train de me demander comment je vais faire pour tenir pendant 12h dans cet état, quand Cédric et Méryl, deux français rencontrés à l’auberge, viennent me dire qu’ils s’en vont. Ils se sont reçus des tomates pourries dans la figure sur la machine, ils en ont ras le bol de ces conditions, en bref ils se barrent. Est-ce que je veux les suivre ? Ni une ni deux j’accepte. Gaéle aussi est de la partie, elle a perdu 2 ongles en plantant les patates douces, impossible pour elle de bosser. Chloé décide de rester. Nous rentrons donc tous les quatre à l’auberge. Petit passage à la pharmacie pour acheter des médicaments, histoire de soulager la douleur. Je passe l’après-midi entre douleur et somnolence à cause des cachets. J’espère pouvoir retourner travailler le lendemain. Mais au bout de quelques heures, il devient évident que je ne pourrais pas. Je prends donc un day off pour le samedi.
Mon samedi est donc placé sous le signe du repos et de la détente. Je passe la journée avec Gaéle et Simon qui préparent leur départ pour le lendemain. Notre petite famille de la chambre 2 va être séparée, pour l’occasion nous décidons de cuisiner un genre de quiche au saumon, courgette et tomates ainsi qu’une calzone au chocolat, ce n’est pas parce qu’on est à l’autre bout du monde qu’on ne peut pas se faire plaisir ! Dimanche, je suis de retour aux tomates à 5h du matin, droguée aux médocs anti-douleur, ça devrait aller. Mais comme la chance est de mon côté, notre machine tombe en panne vers 10h. On nous dit qu’on va peut-être devoir arrêter de travailler ou bien remplir des seaux toute la journée jusqu’à 18h, personnellement je choisis la première solution ! Mais non, après une heure d’attente, on se lance dans les seaux. Je hais les tomates, le soleil, les superviseurs népalais… Le point positif est que nous sommes quand même payés à l’heure donc autant dire que nous ne sommes pas à fond. Comme nous ne faisons que râler, les superviseurs nous promettent que le lendemain, nous serons placés en priorité sur les machines. La promesse est tenue. Lundi matin, nous sommes sur les machines. Une journée de 12h à ramasser des tomates, il fait très chaud, aucune ombre à l’horizon. Les deux dernières heures sont les plus longues, les plus chiantes. Surtout que je sais que ce sont mes dernières heures de travail. Mardi, nous prenons un day off pour pouvoir ranger nos affaires et préparer notre départ prévu dans la nuit de mercredi à jeudi.  A 18h, c’est délivrance, bye bye les tomates ! Bonjour la plage et le repos !
Mardi, la journée commence bien, nous déjeunons tranquillement, on se sent déjà très loin des tomates. Mais avant de pouvoir définitivement oublier cette expérience, nous devons appeler l’agence pour être sûre d’être payées pour notre dur labeur. Pour Chloé, aucun souci mais pour moi, problème la standardiste ne retrouve pas mon nom sur sa liste, j’ai un nom trop compliqué je le savais ! Du coup, elle me demande de venir vérifier par moi-même. Or, l’agence se trouve à Bundaberg. Nous devons donc changer nos plans pour notre départ. Nous sommes donc parties aujourd’hui sur Bundaberg. Vince, le proprio de l’auberge, a accepté de nous déposer sur Bundaberg  en même temps que les personnes qui ont été travaillé aux patates douces. Nous avons bien fait d’aller à l’agence, d’une part pour que je puisse retrouver mon nom et d’autre part pour donner nos coordonnées bancaires. Cependant, nous devons passer la journée sur Bundaberg avec nos gros sacs et attendre jusqu’à 3h du matin, heure à laquelle le bus part. Programme de la journée : squatter à McDo pour avoir le wifi gratuit !
Demain, nous allons à Maroochydore, une station balnéaire à quelques heures de Brisbane. Nous allons y passer 3 jours, histoire de se reposer de ces deux dernières semaines et de profiter de la plage. Après tout, nous l’avons bien mérité…

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